Le HDR a disparu et la 4K ne revient que partiellement
Disney+ a dégradé à plusieurs reprises la qualité vidéo de son offre Premium dans une partie de l’Europe. Le 17 juin 2026, le service a désactivé Dolby Vision et la vidéo 3D dans onze pays, dont la France et la Belgique, tout en maintenant alors la 4K et le HDR10. Après une nouvelle décision judiciaire rendue publique le 23 juillet, FlatpanelsHD a constaté le 30 juillet la disparition de la 4K UHD et du HDR10. Disney lui a confirmé un retrait temporaire lié à une technologie affectée par une décision de justice, sans identifier publiquement le jugement dans sa réponse.
La situation a de nouveau évolué. Au 3 août, les pages officielles française et belge annoncent à nouveau une définition maximale 4K Ultra HD pour Premium, mais le HDR a disparu du tableau des offres. Disney ajoute désormais une note limitant explicitement les appareils actuellement cités pour la 4K. Il ne s’agit donc ni d’un retour complet à la prestation antérieure, ni d’un retrait uniforme de toute image 4K sur tous les téléviseurs : la définition revient partiellement, tandis que HDR10 et Dolby Vision restent absents de la promesse locale.
Cette distinction est importante pour éviter deux conclusions trompeuses. Une vignette 4K ne garantit pas que le flux sera disponible sur chaque plateforme, et l’affichage en 2160p ne rétablit pas automatiquement le HDR. Inversement, un téléviseur compatible Dolby Vision ou HDR10 ne peut pas recréer les métadonnées et la plage dynamique d’un flux que l’application livre désormais en SDR. Le changement se situe côté service ; modifier la calibration de la dalle, le câble HDMI ou les réglages Windows ne peut pas le contourner.
Ce que promet réellement l’offre Premium aujourd’hui
En France comme en Belgique, Premium reste affiché à 15,99 euros par mois hors promotion. L’offre conserve quatre lectures simultanées, les téléchargements et Dolby Atmos sur les contenus compatibles. Le tableau officiel ne cite cependant plus le HDR, alors que cette caractéristique distinguait auparavant Premium. Disney rappelle aussi que la qualité dépend du débit, de l’appareil et de la configuration de la plateforme, et que tous les programmes ne sont pas disponibles dans toutes les résolutions ou tous les formats audio.

La liste 4K actuelle comprend les appareils Android TV, dont certains modèles Google, Philips et Sony, Amazon Fire TV, les téléviseurs LG à partir de 2020, Sky Glass et Sky Stream. Apple TV, les téléviseurs Samsung, PlayStation et Xbox restent bien présentés plus bas comme des appareils compatibles avec Disney+ en général, mais ils ne figurent pas dans cette note 4K. Cette omission ne prouve pas une exclusion définitive ; elle impose simplement de ne pas leur attribuer aujourd’hui une compatibilité 4K garantie par la page locale.
Pourquoi l’écart se voit surtout sur un téléviseur OLED
La 4K et le HDR ne décrivent pas la même propriété. La première augmente le nombre de pixels et peut rendre les détails plus fins à distance adaptée. Le second étend la plage lumineuse et colorimétrique afin de mieux séparer les hautes lumières, les ombres et les couleurs saturées. Sur un OLED ou un QD-OLED correctement réglé, la perte du HDR peut donc être plus visible que le passage ponctuel de 2160p à 1080p, notamment dans les productions aux contrastes marqués.
Dolby Vision, retiré dès juin, ajoute des métadonnées dynamiques qui peuvent adapter la présentation scène par scène. HDR10 utilise des métadonnées statiques mais reste un véritable signal HDR. Un flux 4K SDR peut conserver une bonne netteté et un encodage propre ; il n’exploite toutefois pas la même plage dynamique. La conversion SDR vers un mode d’image très lumineux ne constitue pas un remplacement fidèle et peut au contraire écraser les détails ou fausser les couleurs.

Pour vérifier le flux réellement reçu, il faut regarder la fiche du programme dans l’application utilisée, puis contrôler l’indication de signal du téléviseur pendant la lecture. Le logo HDR ou Dolby Vision de la dalle est plus utile que la seule capacité théorique de l’appareil. Certains contenus n’existaient déjà qu’en HD ou en SDR avant le litige ; l’absence d’un badge sur un titre isolé ne suffit donc pas à diagnostiquer une restriction globale.
Une restriction liée à des brevets vidéo, sans calendrier public
Le contexte juridique porte sur des technologies vidéo brevetées. InterDigital a annoncé le 23 juillet qu’une division locale de la juridiction unifiée du brevet, à Düsseldorf, lui avait accordé une seconde injonction contre Disney concernant un brevet lié à l’encodage HEVC. Le communiqué de l’entreprise évoque onze pays de l’Union européenne et précise que Disney peut faire appel. Comme InterDigital est partie au litige, son texte établit sa position et la décision revendiquée, pas une analyse indépendante de l’ensemble du dossier.
Disney n’a pas publiquement relié par son numéro cette décision précise à chaque retrait technique. La proximité des dates et la référence de son message à une récente décision affectant la diffusion 4K et HDR rendent le lien solide, mais les détails de la solution alternative ne sont pas documentés. Les pages locales ne disent pas quel codec, quel pipeline ou quelle méthode permet le retour partiel de la 4K, ni si la qualité d’encodage est identique à celle d’avant le 30 juillet.

Aucune date de restauration complète du HDR10 ou de Dolby Vision n’est annoncée. Aucun remboursement, avoir ou baisse de prix spécifique n’apparaît non plus dans les sources consultées. Dolby Atmos reste affiché, mais il dépend toujours du contenu, du matériel et de la langue ; la page belge indique que la plupart des programmes Atmos sont proposés en anglais. Il serait donc faux de présenter toute l’offre Premium comme techniquement supprimée, tout comme il serait prématuré de considérer l’incident clos.
Ce qu’il faut vérifier avant de payer Premium
Pour un abonné équipé d’un OLED, la valeur de Premium dépend désormais de l’appareil effectivement utilisé. Si la 4K et le HDR constituaient les principaux motifs du surcoût, il faut vérifier quelques titres représentatifs sur l’application du téléviseur ou du boîtier, plutôt que se fier à une ancienne fiche tarifaire ou à une capture venue d’un autre pays. La 4K peut être présente sans HDR, et la situation peut différer selon la plateforme malgré un même compte.
Premium conserve des avantages concrets pour certains foyers : quatre flux simultanés au lieu de deux, Dolby Atmos et une définition 4K sur les appareils actuellement pris en charge. Standard reste limité au 1080p et à deux lectures simultanées. L’arbitrage ne doit donc pas reposer sur le seul mot HDR, mais sur le nombre d’utilisateurs, l’équipement audio, les titres regardés et le fonctionnement constaté pendant la période d’abonnement.
Les Blu-ray UHD restent une solution plus prévisible pour les films effectivement édités sur disque avec HDR, puisqu’un changement de serveur ne modifie pas leur format. Ils ne remplacent cependant ni tout le catalogue Disney+ ni ses exclusivités. En attendant une communication technique complète, le constat vérifiable est plus mesuré : Disney+ a rétabli une partie de la 4K sur certains appareils en France et en Belgique, mais n’a pas encore restauré le HDR promis auparavant aux abonnés Premium.



Commentaires
Chargement…
Préparation de votre espace lecteur…
Chargement des commentaires…