Une prévision plus précise jusqu’en 2028
Samsung Electronics a tenu son appel sur les résultats du deuxième trimestre le 30 juillet 2026 à 10 h en Corée du Sud, soit 3 h en Belgique et en France métropolitaine. Le trimestre financier couvrait avril à juin et s’est achevé le 30 juin. Le groupe avait déjà indiqué que la demande en DRAM serveur, SSD d’entreprise et HBM maintiendrait le marché sous-approvisionné au second semestre ; la séance de questions-réponses a ajouté un horizon beaucoup plus long.
Samsung estime désormais que les contraintes pourraient être plus sévères en 2027 qu’en 2026 et que la pénurie persisterait en 2028. Au-delà de 2029, la visibilité devient trop faible pour établir une projection. PC Gamer et TechCrunch ont publié leurs confirmations indépendantes le 31 juillet. Il s’agit donc d’une annonce faite le 30, puis d’un élément important recoupé dans la fenêtre éditoriale suivante, et non d’un nouvel incident de production apparu le 31.
La cause avancée est industrielle : même avec davantage d’investissements, Samsung évalue à plus de trois ans le délai entre la construction d’une nouvelle usine et la production réelle de wafers. Le groupe juge par conséquent improbable une augmentation supplémentaire significative de l’offre avant 2028. La présentation officielle confirme en parallèle que la demande serveur liée à l’IA progresse plus vite que la modération observée sur certains PC et smartphones.

Des contrats de cinq ans pour réserver la capacité
Selon la transcription de l’appel, des développeurs de modèles d’IA de pointe approchent désormais Samsung directement lorsqu’ils ne trouvent pas assez de capacité chez les hyperscalers. Ils communiquent des prévisions de demande à moyen et long terme et réclament des engagements pluriannuels. Samsung dit avoir finalisé des accords avec cinq grands clients mondiaux de centres de données et être en discussion avancée avec cinq autres comptes, sans révéler leurs noms.
Le modèle envisagé repose sur des contrats de cinq ans, renégociés chaque année avec la possibilité d’ajouter une année. Samsung prévoyait initialement d’allouer environ 60 à 70 % de sa capacité totale à ces engagements tout en conservant une marge pour les clients sans contrat pluriannuel. Une fois les négociations en cours achevées, le groupe pense que les volumes DRAM et NAND couverts atteindront facilement 60 à 70 % de la capacité planifiée à moyen et long terme.
Ces pourcentages ne signifient pas que 70 % des puces disponibles en magasin sont déjà vendues, ni que toute la capacité sera consacrée au HBM. Ils portent sur le plan de production futur de Samsung et regroupent DRAM et NAND. Les contrats comprennent des acomptes importants, ce qui améliore la visibilité du fabricant, mais les volumes, prix, clients et répartitions par produit restent couverts par des accords confidentiels.

Ce que cela peut signifier pour les joueurs PC
Pour un PC gaming, plusieurs mémoires coexistent. La DDR5 équipe la mémoire système, la GDDR sert généralement de VRAM aux cartes graphiques grand public, le NAND alimente les SSD, tandis que le HBM4 vise surtout les accélérateurs de calcul à très forte bande passante. Une forte demande HBM et serveur peut influencer les investissements, les équipements, le conditionnement avancé et les arbitrages des fabricants, mais elle ne se transforme pas mécaniquement en même pénurie pour chaque référence de DDR5, GDDR ou NAND.
Le signal concret est une disponibilité industrielle durablement tendue. Samsung rapporte une hausse des prix moyens de vente au deuxième trimestre et reconnaît que les coûts de composants pèsent sur ses activités mobiles et téléviseurs. Cela rend plausibles des pressions sur les nomenclatures des PC, consoles, écrans, smartphones et cartes graphiques. La direction ne fournit pourtant aucun tarif de détail, aucune date d’augmentation et aucune prévision régionale pour la France ou la Belgique.
Aucune hausse précise des GeForce, Radeon, consoles, barrettes ou SSD n’est confirmée par cet appel. Les chiffres de 20 à 30 % évoqués ailleurs pour certaines cartes NVIDIA restent des projections non officielles et ne sont pas retenus comme un fait. Les prix finaux dépendront aussi des contrats des fabricants, des stocks, des taux de change, de la concurrence, des marges des distributeurs et de la demande réellement observée en 2027.
Une alerte industrielle, pas un calendrier de prix
Samsung qualifie lui-même ses perspectives de déclarations prospectives. Une usine peut être retardée ou accélérée ; ses rendements, son mix produit et ses qualifications clients évoluent. La demande en IA peut également ralentir, changer de technologie ou se déplacer vers d’autres fournisseurs. L’horizon 2028 représente l’opinion actuelle de l’un des principaux producteurs mondiaux, pas une garantie contractuelle sur l’ensemble du marché.
Cette analyse complète l’article Great Opti du 30 juillet consacré aux résultats, au HBM4, aux échantillons HBM4E et à l’OLED gaming. Le nouvel élément n’est pas un second bilan financier : c’est la durée estimée de la contrainte, le délai des nouvelles usines et la transformation des achats en accords pluriannuels. Ces précisions expliquent pourquoi une détente rapide ne peut pas être supposée, sans pour autant inventer une hausse de prix grand public.
Les prochains indicateurs utiles seront les contrats confirmés par les fabricants de PC et de consoles, les tarifs réellement annoncés, les volumes de DRAM et NAND, la montée des nouvelles lignes et les tests de disponibilité en magasin. En attendant, la conclusion pratique reste prudente : surveiller les prix et acheter selon un besoin réel est rationnel ; constituer des stocks ou payer une prime sur la base d’une rumeur ne l’est pas.


