Quatre SSD et onze jeux comparés pendant le gameplay
Tom's Hardware a publié le 8 août 2026 un benchmark consacré au rôle du stockage pendant une partie. Le protocole oppose un Samsung 870 EVO en SATA, un Adata XPG SX8200 Pro en PCIe 3.0, un Sabrent Rocket 4 Plus-G en PCIe 4.0 et un Crucial T700 en PCIe 5.0. Les essais couvrent Forspoken, Alan Wake 2, Ratchet & Clank: Rift Apart, Marvel's Spider-Man 2, Starfield, Doom: The Dark Ages, Dead Space, Cyberpunk 2077, Oblivion Remastered, 007 First Light et F1 25, en 1080p, 1440p et 4K.
La machine utilise un Ryzen 7 9800X3D, une GeForce RTX 5090, 16 Go de DDR5-6000 CL30, Windows 11 25H2 et le pilote NVIDIA 610.62. Les séquences sont jouées avec les réglages graphiques au maximum, sans benchmark intégré, tandis que HWiNFO relève l'activité des SSD. Les 16 Go de RAM ont été retenus pour limiter la quantité de données conservée en mémoire et solliciter davantage le stockage. Les auteurs indiquent toutefois avoir observé peu de différence d'activité entre 16 et 64 Go dans leurs vérifications.
Les débits annoncés ne décrivent pas la charge réelle d'un jeu
Les fiches commerciales mettent surtout en avant la lecture séquentielle, mesurée avec de gros transferts ordonnés et une file de requêtes favorable. Le gameplay observé produit majoritairement des lectures aléatoires de blocs de 32 ou 64 Ko, avec une profondeur de file relativement faible. Dans ces conditions, un SSD peut afficher 100 % d'utilisation tout en transférant bien moins que son plafond théorique. Starfield, par exemple, reste autour de quelques dizaines de Mo/s en moyenne dans la séquence testée, très loin de la bande passante d'un SSD NVMe moderne.

Forspoken est la charge la plus soutenue du panel. En 4K, le débit moyen relevé atteint 264 Mo/s sur le SSD SATA, contre 317 à 379 Mo/s sur les trois SSD PCIe, avec des pointes proches de 2,9 Go/s pour les modèles les plus rapides. Même ici, la hiérarchie n'est pas linéaire : le PCIe 5.0 ne dépasse pas systématiquement le PCIe 4.0. Le contrôleur, les lectures aléatoires, la décompression, la mémoire disponible et la manière dont le moteur organise ses ressources comptent autant que la génération de l'interface.
Forspoken et Ratchet & Clank sont les deux exceptions
Forspoken est le seul titre où le passage du SATA à n'importe lequel des SSD PCIe améliore nettement les 1 % low, c'est-à-dire les images les plus lentes qui influencent la fluidité perçue. Le test ne met cependant en évidence aucun avantage distinct du PCIe 5.0 sur les générations 3.0 et 4.0. Le bénéfice mesuré oppose donc surtout SATA et NVMe dans cette scène ; il ne justifie pas à lui seul de remplacer un bon SSD PCIe 3.0 ou 4.0 par un modèle Gen5.
Ratchet & Clank: Rift Apart donne un résultat plus délicat à lire. À 1080p et 1440p, le SATA semble légèrement plus rapide pendant les portails parce que son chargement plus lent prolonge le temps passé dans une zone moins complexe, où le framerate est naturellement supérieur. En 4K, les SSD PCIe améliorent en revanche les 1 % low. Hors de cette transition particulière, aucune différence mesurable n'est observée. Les neuf autres jeux ne montrent ni gain significatif du PCIe sur le SATA, ni écart entre les trois générations NVMe.

Aucun artefact propre au SATA n'a été constaté : les éventuels retards de textures ou pop-in apparaissaient de la même manière sur les quatre supports. Cette observation vaut uniquement pour les scènes et réglages inspectés. Elle ne démontre pas qu'un SSD lent sera toujours équivalent dans un monde ouvert différent, lors d'un déplacement plus rapide ou après une mise à jour qui modifie le streaming.
Un résultat utile pour l'achat, mais pas une règle universelle
Pour une configuration gaming déjà équipée d'un SSD NVMe correct, ce benchmark invite à privilégier la capacité, le prix, l'endurance, la garantie, la température et la compatibilité avant de payer uniquement pour le PCIe 5.0. Une plus grande bibliothèque installée ou un SSD moins rempli peut avoir davantage d'utilité quotidienne qu'un pic séquentiel supérieur. Passer d'un disque dur à un SSD reste une transition autrement plus importante, mais aucun HDD n'a été testé ici et plusieurs jeux modernes exigent déjà officiellement un SSD.
L'étude ne publie pas de tableau complet des temps de chargement, de nombre de répétitions ni de marge d'erreur statistique. Elle repose sur une seule plateforme très haut de gamme, un seul exemplaire par classe d'interface, 16 Go de mémoire, des réglages maximum et des séquences choisies. Elle ne couvre ni les consoles, ni les portables limités thermiquement, ni les SSD presque pleins, ni les tâches de copie, d'installation ou de création de contenu où la bande passante séquentielle peut compter davantage.
DirectStorage ne change pas cette prudence. Microsoft recommande le NVMe pour exploiter au mieux l'API, notamment lorsque GDeflate décompresse les ressources sur le GPU, mais l'intégration appartient au développeur et chaque charge reste différente. La conclusion raisonnable est donc étroite : sur les onze jeux et les scènes mesurées le 8 août, le PCIe 5.0 ne procure pas d'avantage gaming général. De futurs titres conçus autour d'un streaming plus agressif pourront déplacer cette limite ; ils devront être mesurés séparément.

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