Un trimestre clos le 30 juin, publié un mois plus tard
Amazon a publié ses résultats le 30 juillet 2026, mais les données décrivent le deuxième trimestre comptable clos le 30 juin. Cette distinction évite d’attribuer au jour de la publication des revenus ou des lancements intervenus pendant les trois mois précédents. Le groupe a réalisé 200,606 milliards de dollars de chiffre d’affaires, contre 167,702 milliards un an plus tôt, soit une progression publiée de 20 %.
Les ventes de la zone Amérique du Nord atteignent 116,177 milliards de dollars, en hausse de 16 %, et l’activité internationale 42,197 milliards, en hausse de 15 %. Le résultat opérationnel consolidé progresse de 19,171 à 27,461 milliards de dollars, soit environ 43 %. Ces chiffres témoignent d’une croissance large, même si AWS reste le principal moteur de rentabilité du groupe.
Le bénéfice net bondit de 18,164 à 62,647 milliards de dollars et le bénéfice dilué par action passe de 1,68 à 5,75 dollars. Ce triplement apparent ne doit toutefois pas être présenté comme le seul produit des opérations commerciales. Amazon comptabilise 53,4 milliards de dollars de produits non opérationnels avant impôts, provenant principalement de la revalorisation de sa participation dans Anthropic.
AWS atteint 42,2 milliards de dollars et accélère de 37 %
AWS génère 42,232 milliards de dollars de chiffre d’affaires trimestriel, contre 30,873 milliards un an auparavant. La progression de 37 % est nettement supérieure à celle des autres segments d’Amazon. Son résultat opérationnel atteint 16,621 milliards de dollars, contre 10,160 milliards, soit une hausse d’environ 64 %. La marge opérationnelle ressort ainsi à 39,4 %, contre 32,9 % au deuxième trimestre 2025.
Amazon traduit le chiffre d’affaires trimestriel d’AWS en un rythme annualisé d’environ 169 milliards de dollars. La direction indique aussi que son activité IA dépasse désormais 25 milliards de dollars de revenus annualisés et croît à un rythme supérieur à 100 % sur un an. Elle revendique séparément plus de 25 milliards de dollars de run rate pour son activité de puces, également en croissance à trois chiffres.
Ces deux montants sont des indicateurs de direction, pas des segments comptables autonomes. Amazon ne publie ni leur revenu trimestriel exact, ni leur marge, ni une ventilation permettant de déterminer leur éventuel chevauchement. Ils ne doivent donc pas être additionnés aux 42,232 milliards de dollars d’AWS. Ils signalent surtout l’échelle prise par l’infrastructure IA, des processeurs Graviton aux accélérateurs Trainium et Inferentia.

Graviton5 confirme la stratégie de puces maison, sans nouveau lancement
Le communiqué remet Graviton5 en avant et revendique jusqu’à 25 % de performances de calcul supplémentaires par rapport à Graviton4. Cette valeur vient des mesures d’Amazon : elle ne remplace pas des benchmarks indépendants, notamment selon les charges, le compilateur ou la génération d’instance. L’argument stratégique est néanmoins clair : concevoir ses propres CPU permet à AWS de différencier son infrastructure et de mieux contrôler le rapport entre capacité, énergie et coût.
Il ne s’agit pas d’une disponibilité annoncée le 30 juillet. Les instances généralistes M9g et M9gd équipées de Graviton5 étaient déjà disponibles depuis le 10 juin 2026. Les instances C9g et C9gd optimisées pour le calcul ont suivi le 30 juin dans les régions Virginie du Nord, Ohio, Oregon et Francfort. Le rapport financier récapitule donc des lancements du trimestre plutôt qu’une nouvelle gamme accessible le jour des résultats.

Pour le troisième trimestre 2026, Amazon prévoit un chiffre d’affaires compris entre 197 et 202 milliards de dollars, soit une croissance attendue de 9 à 12 %, et un résultat opérationnel de 22,5 à 26,5 milliards. Cette fourchette reste une prévision exposée aux taux de change, à la demande cloud et au rythme d’investissement. Elle ne constitue ni une garantie de croissance pour AWS, ni une indication de prix ou de disponibilité pour de futures puces.
La croissance de l’IA s’accompagne d’une forte pression sur la trésorerie
Sur douze mois glissants, les flux de trésorerie d’exploitation progressent de 33 % à 161,403 milliards de dollars. Le flux de trésorerie disponible passe cependant de 18,184 milliards positifs à 7,604 milliards négatifs. Le contraste vient principalement de l’accélération des dépenses d’infrastructure : les achats nets d’immobilisations atteignent 169,007 milliards, contre 102,953 milliards sur la période comparable.
Amazon attribue principalement cette hausse de 66,1 milliards de dollars aux investissements dans l’intelligence artificielle. Les capacités installées peuvent soutenir la croissance future d’AWS, mais leur rentabilité dépendra de leur taux d’utilisation, du prix des services et de la vitesse à laquelle le matériel devient obsolète. Le groupe ne fournit pas dans ce rapport de consommation énergétique détaillée, de ventilation par type de puce ou de retour sur investissement propre aux centres de données IA.
La lecture pertinente est donc double : AWS affiche une accélération très solide et une rentabilité opérationnelle élevée, mais Amazon engage des capitaux massifs pour maintenir cette trajectoire. Le bénéfice net record ne doit pas masquer l’effet exceptionnel d’Anthropic ni le flux de trésorerie disponible négatif. Aucun benchmark indépendant, prix de nouvelle instance ou gain applicatif concret pour les joueurs n’est publié avec ces résultats.



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